Diastème, Hammam, l'amour de l'art, 107 ans, la nuit du thermomètre

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tout contre léo

au théâtre des Déchargeurs
à partir du mardi 20 avril 2004 pendant une semaine à 22h


28 avril 2004

Diastème vient de finir une série de 5 concerts au théâtre Les Déchargeurs. A cette occasion, nous en avons profité pour recueillir ses premières impressions

Diastème, tu es toujours là où on ne t’attend pas. Peux-tu nous dire quand et comment tu as commencé la musique ?

J’ai toujours fait de la musique. J’ai toujours écrit et chanté des chansons, j’ai même commencé à gagner ma vie comme ça, en donnant des concerts. Seulement, depuis plus d’une douzaine d’années, la vie m’a amené vers la littérature, le cinéma ou le théâtre, et j’ai laissé de côté la musique. Les circonstances ont fait que, récemment, je me suis remis à écrire des chansons avec Eric Page (qui avait déjà composé la musique de LA NUIT DU THERMOMETRE) pour une pièce que nous monterons l’année prochaine (HAMMAM), et le démon est revenu. Comme j’avais un peu de temps devant moi, et qu’on me le proposait, j’ai décidé d’aller me refaire la main dans un endroit que j’adore, la petite salle des Déchargeurs, de manière très confidentielle, pour voir si j’étais encore capable d’assurer un concert seul avec mes chansons et ma guitare.

Revenons aux concerts, en es-tu content ?

J’en suis plus que content. J’avais oublié cet effet incroyable, celui de chanter devant des gens – surtout quand les gens semblent apprécier à ce point. Cela a dépassé toutes mes espérances... C’est vrai aussi que suivre Emma et Frédéric sur la tournée de LA NUIT… a fini d’enfoncer mon goût pour la scène. Il n’y a définitivement rien que je ne trouve plus vivant, plus vibrant, qu’un concert, une pièce, ou un spectacle. Venir jouer mes chansons, c’est continuer de raconter des histoires, de faire du théâtre, de partager des émotions.

As-tu envie de remonter sur scène rapidement ?

Bien sûr, d’autant que je ne suis pas spécialement patient comme garçon. Je sais que là je dois finir d’écrire HAMMAM, puis mettre en scène Frédéric Andrau dans l’adaptation de 107 ANS que nous allons créer au Festival d’Avignon (oui, c’est un scoop, donc). Ensuite, nous serons fin juillet, et je verrais ce qu’il y aura à faire.

Comment as tu choisi les chansons que tu as interprétées ? Font-elles partie de ton ancien répertoire ou y’a-t-il eu des créations ?

La plupart des 20 ou 25 chansons que j’ai interprétées sont assez anciennes, disons qu’elles ont entre deux et dix ans. Mais il y a eu quelques nouveautés, oui, des chansons pour HAMMAM, et pour cette série de concerts.

Lors de ces concerts, tu nous as réservé de bien belles surprises. Tout d’abord, un jeune artiste, Alex Beaupain, a fait sensation. Qui est-il, et comment l’as tu connu ?

Je connais Alex depuis quelques années, via Christophe Honoré – pour qui il a, avec les Lily Margot, composé la bande originale de son film, 17 FOIS CECILE CASSARD. C’est devenu à la fois un ami et quelqu’un dont j’admire le talent d’auteur-compositeur-interprète – il est d’ailleurs en train de finir d’enregistrer son premier album, que j’ai écouté, et qui sera somptueux. Au fil de ces années, nous nous sommes souvent retrouvés, chez les uns ou les autres, à jouer nos chansons le soir. Il m’a, avec Christophe et quelques autres amis, beaucoup encouragé à remonter sur scène. C’était tout naturel de l’inviter à chanter deux ou trois chansons avec moi, et ce fut un plaisir incroyable.

Emma de Caunes, la déjà très talentueuse actrice, est venue aussi chanter une chanson. Peux-tu nous en dire plus ?

Elle a chanté la chanson que je lui ai écrite pour HAMMAM, et m’a impressionné une fois de plus. C’est une chanson très difficile, qu’elle interprètera dans la pièce avec une fanfare. Là il n’y avait qu’elle, et moi à la guitare, et comme toujours, elle a été magnifique. Emma est une très grande chanteuse, je suis sûr qu’elle fera un album un jour, et si elle a besoin de moi, je serai évidemment là.

Pour finir, Sinclair est venu chanter avec toi les deux chansons que tu lui avais écrites Novembre et Un jour. J’imagine que cela a dû te faire plaisir ?

C’est un cadeau qu’il m’a fait pour la dernière. Avec la générosité et le talent que nous lui connaissons. Recevoir des compliments de sa part, c’est sûr que ça fait quelque chose, et chanter avec lui, l’accompagner, tout autant. Il y a peu de gens, je pense, qui à un mois de remplir le Zénith (le 4 juin) accepte aussi spontanément de venir jouer dans une salle de quarante personnes, et qui le fasse aussi sérieusement. L’amour que Sinclair porte à la musique et la manière avec laquelle il aborde la scène sont un exemple pour tous les musiciens. Sans compter qu’il est toujours là pour les amis, ce qui n’est pas excessivement répandu non plus.

Où peut-on, aujourd’hui, écouter tes chansons ?

Pour l’instant, et j’aime assez bien cette idée, ce n’est pas possible, à moins de me connaître personnellement, d’avoir une guitare pas loin et d’être très gentil avec moi.

Un album en projet, alors ?

Oui, peut-être, sans doute, mais tu sais bien que je ne fais pas les choses comme tout le monde. Je vais d’abord me mettre à chercher des musiciens pour m’accompagner – parce que rejouer tout seul, ça risque d’être un peu frustrant à la longue… Ensuite nous verrons bien.

MERCI DIASTEME ET BRAVO !