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Le Monde - le 29 août 1997
Photos de famille. L'idée est jolie : l'auteur frais émoulu de sa jeunesse moins de trente ans mais presque trente ans passe en revue « les papas et les mamans » qu'il a connus, les siens, ceux de ses copains et de ses copines, et l'influence qu'ils ont eue sur sa vie. Pour rencontrer autant de parents, des verts et des trop mûrs, une tripotée d'énergumènes comme on en croise tous les jours sans y prêter attention, il faut avoir des amis et des filles, et leur prêter main forte dans le conflit des générations. Tranches de vie, scènes de genre, sans dérision agressive, sans mauvaises intentions, mais plutôt de l'étonnement, de la tendresse, et une vraie joie de vivre, même dans les mauvais moments. Avec un plaisir de la langue, qui coule tellement toute seule qu'elle donne un peu trop l'impression de déjà entendu, mais qu'à cela ne tienne... un petit gars qui met en exergue, et donc au pinacle, Audiard, Salinger, Stendhal, Brautigan, Hugo ou la Bible ne peut pas être foncièrement méchant. Si l'on est parent soi-même, on s'attendrit : ils ne réussiront peut-être pas le concours général option philosophie, mais on ne les retrouvera que rarement au commissariat à 3 heures du matin, même s'ils s'égarent un peu en grattant de la guitare dans la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare, direction Hauts-de-Seine (les trains de banlieue ne vont pas à Neuilly, mais à Bois-Colombes, en passant par Asnières). Ils s'amusent, ont des sentiments, prennent du plaisir au sexuel, jusqu'au retour de manivelle, qui s'attrape comme un retour d'âge et qui vous transforme en papas et en mamans, il suffit de prendre son tour.
MARTINE SILBER
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