107 ans

 

Diastème, Hammam, l'amour de l'art, 107 ans, la nuit du thermomètre

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107 ans


Nice Matin
- 18 janvier 2004
Déraison et sentiments
Beaucoup, passionnément, à la folie ! Aimer Lucieà en perdre sa lucidité, c'est le thème du troisième roman de Diastème, rendu célèbre par le théâtre et sa pièce à succès "La nuit du thermomètre" (deux nominations aux Molières 2003). On y croisait déjà Simon, lequel n'a rien d'un saint, qui endosse cette fois le double rôle de protagoniste-narrateur. Et d'amoureux fou, dans tous les sens du terme.
Simon et Lucie ! Ils ont seize ans, s'aiment depuis quatre ans, sont séparés depuis une semaine. Lui, avec sa rage d'adolescent en quête d'amour absolu, ne peut s'y résigner. Il va tout entreprendre, et même plus, pour retrouver sa Lucie, jusqu'à conjurer sa déchirure sentimentale par la souffrance physique "J'aime me faire mal pour ne plus avoir mal après."
Itinéraire d'un ado gâté
Une seconde, une minute, un jour, une vie... La fuite du temps est au coeur du livre qui narre entre polar et journal intime, la douloureuse initiation à la vie de Simon, cet ado qui, pour avoir trop vite grandi et trop aimé, risque d'y laisser sa raison.
Rien ne semble pourtant le prédisposer à cette descente aux enfers passionnels. "Vous aviez le sens de l'humour, une famille aisée, une amoureuse, vous êtes intelligent. Pourquoi avez-vous fait cela ?" Ca, ce sont les gestes moralement répréhensibles que va exécuter Simon, aveuglé par la perte de sa bien aimée. L'amour-propre tourne à l'amour sale, trash, saisit le lecteur à la gorge et l'oblige à le regarder dans le creux de la plaie. "Je suis restée là un peu, à te regarder ne pas y être." Les mots du récit tiennent autant de ceux d'un adulte en devenir que d'un enfant qui ne veut pas grandir , tel le héros du Tambour de Günter Grass. Sensés et maladroits à la fois, caustiques souvent, rêveurs toujours, habités du fantôme de Jane Austen, entre déraison et ressentiment.
A ce petit jeu, il arrive à Diastème de forcer les traits de son personnage, de céder à la faciliter et du sensationnalisme. Mais le style narratif pseudo-ado, derrière sa simplicité de façade, confère toute sa force à un récit que l'on dévore d'une traite. Sans attendre 107 ans.
CHRISTOPHE CIRONE

Flair Hebdo - 15 janvier 2004
Amour Fou
On a découvert la plume délirante de Diastème dans les chroniques zinzins de 20 ANS ou les critiques ciné de Première. L'homme est aussi très vite devenu écrivain et scénariste. Avec 107 ans, il nous livre un excellent troisième roman.
Ca parle de quoi ? De Simon, qui aime Lucie jusqu'à l'obsession, la folie.
Pourquoi on a adoré ? Parce que le ton frappe juste. Loin d'un humour imposé, l'auteur nous raconte une histoire poignante et pleine de fantaisie décalée. Et on s'attache à son héros, Peter Pan effrayant qui ne veut pas grandir.

Le Républicain lorrain - 11 janvier 2004
107 ans (Edition de l'Olivier) est la déflagration produite dans un cerveau d'adolescent par un chagrin d'amour. Nous suivons cette onde de choc à l'instant où elle se produit, puis une minute, un jour, une semaine, un mois, après, et jusqu'à l'infini de la folie, "107 ans" après.
Car Simon, le personnage frappé par ce malheur, n'est pas un jeune homme ordinaire. Il a 17 ans, vient d'avoir son bac avec un an d'avance, ne mange pas de viande, ne boit pas, ce qui inquiète son banquier de père. "Je me foutais de tout ce qui , de près et de loin, était censé passionner un connard de mon âge", se souvient-il, lorsqu'il se remémore les moments qui ont précédé la rupture.
Son seul vice est la lecture de Kerouac, l'écrivain beatnik qui ne tenait pas en place. Un jour, il rencontre Lucie, fan elle, de la romancière anglaise Jane Austen : "Quelqu'un qui, à 12 ans, vient me parler de Jane Austen dans la cours de récré, je suis désolé, je tombe amoureux, tout de suite, à la seconde, pour la vie. C'est aussi simple que ça !"
Simple, en effet. Désormais, il axe toute son existence sur Lucie et sur Jane Austen. Mais cela ne garantie pas la pérénnité de l'amour : "Les gens t'adorent au début, parce que tu es différent, tellement pittoresque, puis ils finissent par se lasser, se lasser de ta différence, de tes contradictions, de ta colère, se lasser et avoir peur". Lucie s'est lassée, elle est allée passer ses vacances avec un autre.
Alors Simon disjoncte. Il fait n'importe quoi, croque un poisson rouge, se taillade les bras et les jambes, traverse la France sur sa mobylette pour rejoindre l'infidèle... Il ira jusqu'au bout de sa trajectoire auto-destructrice.
Le thème de l'amour fou est casse-gueule. Yann Moix, par exemple, s'était raté en beauté dans son roman Anissa Corto, qui se voulait littéraire avec un grand L. TRop de virtuosité y tuait l'émotion. Avec 107 ans au contraire Diastème frappe au coeur. Il nous met dans la confidence , nous fait entendre, brut de décoffrage, les délires de son héros. Or celui-ci a la verve, l'humour, l'originalité d'un Holden Caulfield, l'inoubliable narrateur de L'attrape-coeurs, Simon est un Holden Caulfield suicidaire, fou d'amour et de désespoir, mais il est aussi attachant que le personnage crée par Salinger. Nous sympathisons avec lui, nous nous angoissons en nous demandant où le mènera sa volonté de vivre l'amour à fond, sans concession. Le réel est tellement cruel pour les idéalistes.
Diastème se partage entre théâtre et romans. 107 ans, flamboyant parti-pris de jeunesse et de romantisme est son cinquième opus. Le premier, Les Papas et Les Mamans, vient de reparaître en poche dans la collection "Points Seuil".
RICHARD SOURGNES

ELLE - décembre 2003
On dirait du Léo Ferré. Celui qui dit qu'à 20 ans : "Quand on aime c'est jusqu'à la mort. Alors on meurt souvent et puis on s'en sort..."
Même si dans "107 ans", Simon, le héros n'a que 16 ans, il est, comme on dit très mûr pour son âge. Assez , en tout cas, pour savoir que les hommes sont tous des cons. Surtout ce Stefen, ou Stephen, ou Steven, ce grand crétin frisé, dont on ne sait pas comment s'écrit le prénom, avec qui celle qu'il aime est partie faire du bateau. Il n'a que 16 ans, mais il sait déjà que la vie ne vaut d'être vécue sans amour. Un amour absolu, définitif, profond,violent. Et mortel. Ou presque. Si ces idiots de médecins n'avaient pas cautérisé l'hémorragie, il serait trabquille, Simon. Bien à l'habri des imbéciles. Au lieu de ça, il rumine son malheur dans un hôpital psychiatrique. Ce roman - développement d'une pièce de théâtre avec Emma de Caunes -, c'est celui d'un jeune ado qui s'accroche corps et ongles à ses rêves d'antan, d'un ado qui ne veut pas vieillir, d'un homme qui ne veut pas mourir. "107 ans", c'est une histoire pour se sentir moins seul.
NICOLAS ROUX

La Liberté - 7 novembre 2003
L'amour jusqu'à la folie
Simon aime Lucie qui ne l'aime plus. Une déchirure, un écroulement mental pour ce grand adolescent qui refuse de grandir, d'admettre que sa seule raison de vivre, cet amour, est impossible. D'automutilation en errance hallucinée, Simon ira jusqu'à la folie. L'asile où il retrouvera un calme comme une petite mort, toujours amoureux. 107 ans, signé Diastème, est un court récit efficace où l'on éprouve quasi physiquement cette descente aux enfers du desamour.
J.S.

Page des libraires - novembre 2003
Simon souffre. Il le dit, il le clame. Sa souffrance amoureuse est incommensurable. Mais elle est aussi rythmée : une seconde, une minute, une heure, un jour un mois, un an, 107 ans. Aussi irrationnelle soit-elle, Simon parvient à la mesurer, à la cerner. Il la porte en lui, sur lui. Lucie, qui vient de le quitter, ne tarddera pas à savoir les automutilations, la lente autodestruction de Simon. Sa folie frénétique va le pousser à commettre l'irréparable - précisément devant les yeux de Lucie. Il est prêt à tout pour la ramener à lui.
L'internement sera pour lui une douceur, la renaissance de son amour. Le temps n'a plus de prise sur lui : il s'écoule indéfiniment, tandis que les sentiments de Simon ne cesse de croître. Il est désormais apaisé, assagi. Il a mûri. Il aime toujours Lucie d'un amour en perpétuel croissance, mais Lucie n'est plus idéalisée, fantasmée par un coeur à vif, meurtri : elle est simplement, même dans l'inaccessible.
107 ans est le troisième roman de Diastème, également auteur de théâtre, scénariste et metteur en scène.
BETTY DUVAL HUBERT (librairie Virgin)

Théâtral - novembre-décembre-janvier 2003/2004
Diastème, l'auteur de la pièce "La Nuit du thermomètre" avec Emma de Caunes et Frédéric Andrau en tournée en France à partir de janvier prochain, a décidé de nous émouvoir. Loin de l'atmosphère cocasse des ses précédents romans, Diastème nous invite, avec un texte violent et romanesque, à suivre les aventures de Simon, personnage complexe et très attachant, qu'on a pu découvrir dans "La Nuit du thermomètre". Dans amour fou, il y amour et fou. Tel est, littéralement le sujet du nouveau roman de Diastème.

Paris Match - le 23 octobre 2003
Avec Diastème, chagrin d'amour dure 107.
Certains lecteurs l'ont déjà relus trois fois ! Ils ont 25 ans et le racontent par lettre à l'auteur, un peu surpris d'avoir si justement touché au cœur. Rarement, en effet, on aura restitué avec autant d'intensité la détresse d'un premier chagrin d'amour. "107 ans" raconte l'inexorable plongée en enfer lorsque votre première fiancée vous quitte après quatre ans pour un wonderboy au sourire de conquistador. Simon, le narrateur, n'a rien d'un gagneur. C'est une boule de violence possessive, un écorché vif, un amoureux fou, maladroit, ironique, dont la passion fait peur; un type pas très beau qui retourne ses ratages contre lui-même, souvent avec humour, parfois en se mutilant au rasoir. le genre à perdre la boule, à se monter le bourrichon sur un rien, à se remémorer des scènes qui font mal, à tenter de rattraper sa belle avec un billet d'avion pour la Toscane, à aller la chercher en vélomoteur jusqu'à la mer. Et à tout gacher.
Pour raconter cette plaie à vif, Diastème ne joue jamais le pathos, plutôt l'ironie amère et l'autodérision. Est-ce d'avoir tenu la rubrique courrier au journal "20 ans" ? Cet auteur et metteur en scène de théâtre (deux nominations aux Molières pour "La nuit du thermomètre", avec Emma de Caunes) trouve les mots, le tempo, quelque chose de voyou, nerveux, qui se rapproche d'Y.B. ("Allah superstar"). Les tournures simples, drôles, disent la souffrance d'abord foudroyante puis résignée, la fin de l'espoir, l'atterrissages lucide en asile: une minute après la rupture, une semaine après, un mois après..."107 ans" de manque mise en perspective. Le héros nous est si proche qu'avec lui on explose, on se sabote, on ricane pour ne pas s'effondrer. Et avec lui, on sombre. Dans son style sec, aiguisé, ado mais hypersensible, l'écrivain nous ramène aux temps nostalgique de l'amour absolu, le premier, l'amour à mort.
CATHERINE SCHWAAB

METRO - 9 octobre 2003
Mutilations amoureuses
107 ans, ou comment le plus beau sentiment peut tourner au drame ?
Jusqu'où peut passer l'amour ou, plus exactement, la rupture ? Si l'on en croit l'histoire de Simon et de Lucie, narrée par Diastème dans 107 ans, la séparartion peut mener loin. Un récit brut, dur et violent, qui dérange certes, mais qui met en avant le talent d'un écrivain à plonger le lecteur au coeur des sentiments.
A 16 ans, Simon a vécu sa première histoire d'amour avec Lucie, un amour qui aura duré "quatre cents et quelques nuits".
Il aura suffit d'une erreur, d'une relation extraconjugale pour que Lucie s'en aille. Remords, regrets, et pardons n'auront servi à rien. Lucie a pris le large avec un certain Stefen avec qui elle est heureuse. Mais rien à faire, Simon ne parvient pas à s'en remettre, il veut la retrouver, l'emmener en Italie, et revivre l'Amour avec un grand A.
Malheureusement, les retrouvailles ne seront pas si joyeuses. Troubles psychologiques, internement psychiatrique, mutilations et tortures, la descente aux enfers de Simon est bien souvent insoutenable pour le lecteur. Sa tristesse, ses remords et sa jalousie, le lecteur les ressentira chaque fois plus à mesure que les secondes passent. La force de ce récit tient justement au talent de Diastème, qui par le biais des mots, parvient à nous emmener au plus profond de cette douleur physique et morale. La souffrance de Simon, qui devient très vite délire et folie est si forte et si bien rendu sur le papier qu'on ne peut que le ressentir. Troublant.
107 ans de Diastème, aux éditions de l'Olivier, 156 pages, 15 euros. A noter que Les papas et les mamans (Editions de l'Olivier, 1997) vient de paraitre en Points-Seuil.
AURELIE SARROT